Le yoga, cette obsession pas (mal) saine

Depuis quelques temps, il m’arrive de remettre en question la place (ÉNORME) qu’a pris le yoga dans ma vie.

Vivre, manger, parler, bouger yoga, tous les jours ce n’est pas si simple, je vous assure. Surtout quand ce truc là n’était pas là il y a encore un an de cela.

Voici donc les quelques principes que chaque personne obsédée du yoga saura s’appliquer.

Yoga à la montagne

Ton budget tu exploseras

En à peine quelques mois, mon étagère de bibliothèque s’est fait un petit lifting. Patanjali, Iyengar, livres de yoga divers et variés, ayurvéda, sophrologie, shiatsu, et j’en passe se sont imposés devant mes vieilleries et autres romans dernièrement achetés et jamais lus (en digne acheteuse compulsive de livres qui n’en lit en général qu’un sur deux).

Quand je vais chez mon libraire, ou que je découvre une nouvelle libraire, hop direction le rayon développement personnel pour voir ce qu’il y a de neufs ou cools à lire sur le yoga (bon parfois il faut plutôt s’aventurer du côté des rayons sport, ou cuisine (si, si), ou même religions). Et il y a toujours quelque chose qui atterrira sur cette fameuse étagère (qui bientôt débordera sur celle du dessous).

Mon étagère de bibliothèque, à peu de choses près
L’étagère « yoga » de ma bibliothèque, à peu de choses près

Bon, comme j’achète plutôt compulsivement, je n’ai pas vraiment calculé le budget mais ça doit représenter quelque chose quand même (surtout que je continue bien sûr d’acheter d’autres livres que ceux en lien avec le yoga).

Et les magazines ou en parle ou pas? Tous les mois, le même dilemme: un petit nouveau pointe le bout de son nez! On ne veut rien louper du coup on en prend 3 d’un coup, plus tout un tas d’autres journaux et magazines sur tout un tas d’autres sujets (addiction liée au fait d’avoir passé mon enfance à vadrouiller dans la librairie/presse de mes parents). Et quand chaque magazine te coûte minimum 4 euros, je te laisse calculer ça vite fait. Voilà voilà.

Parce que le yoga ce n’est pas que de la théorie et des lectures, il fallait bien s’équiper un peu pour la pratique… Là, pas d’abus, mais quand même, ce vieux tapis décathlon soit-disant pour le yoga,  mais qui n’a rien d’un tapis de yoga, il fallait le remplacer de toute urgence. Donc on choisit bien, on choisit du recyclé, du made in France, et là la facture grimpe (et 15 euros LA brique, ça aussi on en parle? non, pas envie). Mais bon, c’est un investissement, ça va durer, cessons de pleurnicher.

Je crois que je n’ai pas non plus envie de parler du prix des cours de yoga en région parisienne (mais attention, je suis entièrement d’accord avec le fait qu’ils sont justifiés, rapport au travail fourni par les professeurs, le coût de la vie, tout ça). De toute façon, là, pas d’abus non plus de mon côté (bons plans solidaires, cours sur donation libre, multiplication des Pass pour des mois illimités, et surtout: yoga fait maison!).

Ton planning yoga tu prioriseras

« Attends, je check mon planning yoga » t’entends-tu dire à toi-même un peu trop souvent.

Le yoga, tu te rends compte que ça prend beaucoup de place dans ta vie quand tu organises tes journées en fonction du yoga (et non plus l’inverse).

  • BureauTu regardes la liste Yogateau tous les deux jours pour planifier tes sorties yoga
  • Tu as un carnet de yoga
  • Les rendez-vous dans ton agenda pro côtoient tes sessions yoga, et tu prends garde à ce que les premiers ne débordent pas sur les secondes

Et puis ça donne des discussions avec toi-même du genre: « Ok, admettons que demain la réunion au boulot dure plus longtemps que prévu, ce sera foutu pour le yoga,  donc je vais me coucher plus tôt ce soir pour me lever plus tôt demain matin pour pratiquer avant d’aller au boulot » ou « Ma pote veut me voir vendredi, sauf que si ce week-end je peux pas faire mon yoga, je dois absolument en faire jeudi » et quand le jeudi tu te retrouves coincée au boulot, tu es mal. Je commence à travailler sur moi-même pour ne pas paniquer quand je ne fais pas mon yoga quand je l’ai prévu (ou mon sport d’ailleurs), et pour accepter les périodes « sans ». Mais c’est dur…

Ton rapport aux gens tu changeras (et face à leurs réactions calme tu resteras)

« Être » yoga, c’est changer son rapport à pleins de choses, pour ma part, c’est accepter plus facilement les critiques (je crois), discuter plus sereinement, mais aussi être plus dans la franchise et l’honnêteté. Si j’estime que quelqu’un ne mérite pas mon attention, je ne vais plus lui en accorder (alors qu’avant, je croyais qu’il fallait être gentil, tout le temps). Avec les conséquences que cela peut avoir.

Et puis, quand tes proches (ou moins proches) découvrent que tu es vraiment dans le yoga (et pas juste une fois par semaine comme ça tranquillou), tu as droit à tout un tas de réactions:

  • Ceux qui s’inquiètent:

« Ah, tu es devenue accro? Tu vas devenir professeur de yoga? Mais tu trouves le temps d’avoir une vie sociale? Tu es au régime? Tu es stressée? » Chut.

  • Ceux qui sont énervants:

« Ah non mais de toute façon, le yoga c’est une mode, comme la zumba (non) tu verras tu passeras à autre chose bientôt ». Non non et non!! (pour le végétarisme on m’a dit pareil il y a 5 ans de cela…)

 Cette obsession tu assumeras

Maintenant moins mais au début je me suis demandée si je n’avais pas un problème. Si je n’en faisais pas trop. Créer un blog, rencontrer des gens d’internet grâce au yoga, me balader avec mon tapis de yoga dans Paris toute la journée entre deux rendez-vous pro… Et bientôt, participer à des formations, à des retraites…

Et en fait non, je ne pense pas que j’en fasse trop, je suis même plutôt fière. Fière d’être tombée dans ce « piège » du yoga. Car en effet je suis persuadée que quand on y tombe, on n’en sort pas. Le yoga, je ne l’expliquerai pas ici car ce n’est pas le sujet, c’est tellement plus qu’une simple pratique. Bien plus qu’un loisirs à côté du travail.

Il y a peu, j’ai multiplié les recherches sur un sujet me qui tient à cœur (et dont je parlerai bientôt ici, peut-être), en lien avec le yoga, et j’étais devenue complètement obsédée, au sens nocif du terme. Je voulais participer à tout ce qui s’y rapportait, dans le désordre, dans l’urgence, partir à l’étranger, payer cher des ateliers inconnus, lancer mon association, bref. J’allais trop vite! Heureusement, parfois l’entourage sait repérer quand l’obsession vire à la folie, et mon doudou m’a sagement calmée, sans toutefois me freiner dans mes rêves. Donc je rêve, mais en douceur. Et je remercie le yoga de m’apprendre la patience, un peu plus chaque jour.

Il paraît que tous ceux qui tombent en amour avec le yoga comme cela, veulent tôt ou tard devenir professeurs. Je n’en suis pas là, je savoure simplement ce que le yoga m’offre au quotidien.

Et il y a pire, comme obsession…

« Laissez-moi dans mon yoga »

Et si vous vous demandiez d’où viennent ces jolies photos, non non ce n’est pas moi qui les aies prises et ce ne sont pas mes jambes ci-dessus, vous en trouverez pleins d’autres gratuites et libres de droit sur Unsplash, ici.

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9 commentaires sur “Le yoga, cette obsession pas (mal) saine

  1. Bonjour Tiphaine,
    Je vois très bien de quoi tu parles quand tu parles d’obsession … 🙂

    J’ai eu des phases presque « addictives ». « Il faut que je fasse mon yoga » sinon je ne me sens pas au mieux… Depuis quelques semaines, je fais une expérience de « sevrage » 🙂 Je pratique très peu voire pas du tout. Simplement, au cours de la journée, je reviens sur ma respiration, mes sensations et j’essaie d’équilibrer tout ça tout en faisant mon quotidien … (Sans courir sur mon tapis au premier stress ou à la première tension qui vient…). Je me suis dit que j’allais essayer ça jusque septembre et voir si je peux en tirer des conclusions. On verra si je peux me passer de mon tapis jusque là … 🙂

    Bonne continuation dans ta pratique

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    1. Salut Eve-Anne!

      Merci pour ton commentaire, c’est très intéressant d’avoir ton point de vue sur la question de l’addiction. Cette phase de sevrage, tu la vies comme un besoin, ou tu te « forces » un peu? Bravo car je ne suis pas sûre de pouvoir encore mettre ça en place, sans culpabiliser. C’est fou comment le yoga, quand il entre dans nos vies, chamboule tout…

      Très belle continuation aussi dans ton sevrage, qui n’apportera que du bon à ta future pratique j’en suis sûre 🙂

      Tiphaine

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      1. Salut Tiphaine.
        Je dois bien dire que je me force un peu et que ma culpabilité est mise à l’épreuve (vis à vis de moi mais aussi parce que je fais la prof et la blogueuse qui dit de pratiquer et qui ne pratique pas… 🙂 ) Et en même temps je sens que c’est nécessaire. Comme si quelque chose en moi devait se rappeler qu’on peut très bien vivre sans. Comme dit mon prof, il faut s’investir, pratiquer et pratiquer et encore pratiquer. Et en même temps être capable, en un instant, de tout lâcher, de tout laisser partir, comme si rien de tout ça n’avait d’importance.
        Et ça je suis (très) loin du compte…

        Suis pas sûre de tenir jusque septembre … 🙂

        bises

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  2. J’adooore 😀 …et je me retrouve dans presque tout (les livres, ouille!)
    Je suis tombée dans la marmite aussi …et suis devenue prof!
    Là c’est le planning yoga plein air.
    A bientôt pour la suite! 🙂

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  3. Héhé moi aussi je me retrouve bien dans ton témoignage Tif! C’est vrai ce que tu dis sur les gens autour de nous aussi 🙂 Ceux qui s’inquiètent et ceux qui te disent que, de toute façon, c’est juste méga tendance et ça passera comme le reste! Grrrr!
    Comme Eve-Anne, je suis dans une phase de détachement par rapport au yoga. En fait, depuis que j’ai arrêté mon boulot en Avril pour ne me consacrer qu’à ça, je faisais entre 1h et 2h de yoga par jour! C’était too much, et en plus je me suis fait mal (prévisible!) à l’épaule. Du coup ça fait près d’un mois que j’ai fait un break avec les asanas. Parallèlement, je pratique plutôt la méditation. Du coup, hâte d’être à Hossegor pour refaire bouger un peu mon corps! 😉

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    1. Merci beaucoup et contente de voir que cet article parle à d’autres personnes aussi 🙂 Aie je ne savais pas pour ton épaule! J’espère que ça va mieux et que ton sevrage te fait du bien. Tu dois être d’autant plus impatiente d’être à Hossegor alors 😉 1 semaine et demi!! J’en reviens pas, c’est demain en fait!

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  4. Eh oui comme toi, je suis tomber en amour comme disent les canadiens. Si je e fais pas ma petite séance, je culpabilise. Alors je fais mes exercices respiratoires au minimum. Je me retrouve tout à fait dans ton article avec en plus je n’arrête pas d’en parler. j’ai parfois l’impression d’être monothématique, mais bon, j’assume

    Alexandre
    Take a breath and be relax.

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